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LE CANADA EN AMÉRIQUE LATINE

Sur la trace des transferts en matière de traduction et leur influence

 Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM)

 24 et 25 octobre 2012

 

Le projet de recherche LE CANADA EN AMÉRIQUE LATINE, qui est basé à l’Université d’Ottawa ainsi qu’à l’université Concordia de Montréal, au Canada, est à la recherche de collaborateurs qui s’intéressent à la traduction en tant que véhicule privilégié des échanges internationaux.

Le projet explore la traduction et la diffusion de textes littéraires ainsi que des essais canadiens en Amérique latine comme un mode de contact essentiel entre ces deux parties des Amériques. Il examine aussi les pratiques, les résultats et les effets de cet important type de transfert culturel ayant eu cours depuis les trente dernière années.

Même si elle constitue un des moyens les plus importants de promotion de contact entre les cultures, la traduction continue néanmoins d’être peu étudiée.

  •           Ce projet examine de quelle manière les efforts canadiens dans les domaines de la diplomatie culturelle et du renforcement de l’image du pays à l’échelle internationale jouent un rôle dans les politiques de traduction – par l’entremise des octrois de subventions, du financement des études canadiennes en tant que telles et de l’appui à l’exportation des livres vers le marché latino-américain.
  •           Il examine attentivement, aussi, de quelle manière les textes canadiens sont effectivement choisis, traduits et diffusés en espagnol et en portugais.
  •           Le projet porte enfin une attention toute spéciale à la réception et à l’influence des écrits canadiens en Amérique latine.

 

Nous invitons tous les chercheurs qui s’intéressent au sujet à nous faire parvenir leur résumé de présentation, notamment s’il explore un ou des sujets portant sur le processus de traduction, sur la circulation des textes d’un pays à l’autre, sur les agents qui les choisissent et en font la promotion, ou encore s’il examine quelconque aspect lié à la diffusion, à la réception et à l’influence des traductions des écrits canadiens en Amérique latine. Les présentations seront organisées autour des trois axes de recherche suivants :

A. Objets :

1. Les textes : leur origine, production ou contenu « canadien », (par exemple, leur « canadienneté » constitue-t-il un aspect important de ces textes?);

2. Le choix des textes à traduire. Qui fait ce choix? Comment et dans quelles circonstances?

3. La traduction comme produit final. Dans quelles conditions les textes traduits ont-ils été produits? Comprennent-ils des paratextes (prologues, préfaces, glossaires, notes en bas de page du traducteur, etc.)?

4. Les anthologies de littérature canadienne ou québécoise viennent-elles annoncer une tendance ou suivent-elles plutôt le canon établi?

5. La condition de la « double identité » canadienne (anglo- et franco-canadienne) se voit-elle refléter dans certaines de ces aventures éditoriales?

6. Existe-t-il des préférences particulières dans certains pays, à des moments précis, pour tel ou tel genre littéraire? Privilégie-t-on les œuvres de fiction aux essais, encore une fois suivant telle région ou telle période? Parmi les œuvres de fiction, les textes de théâtre ont-ils reçu une attention spéciale? Comment ces derniers ont-ils été accueillis par le public latino-américain? Comment peut-on expliquer la différence entre le rayonnement du théâtre québécois et celui de la dramaturgie anglo-canadienne, plus discrète? Comment expliquer le succès particulier de la poésie québécoise au Mexique?

7. Autres sujets liés aux « traductions » en tant qu’« objets » : les éléments propres à une « histoire américaine » partagée. Par exemple, l’héritage colonial, les récits ou mythes fondateurs, les vagues successives d’émigration européenne et la situation particulière vécue par les peuples autochtones sont-ils des éléments qui interviennent dans le choix des textes à traduire? Quel sort réserve-t-on, en traduction espagnole ou portugaise, aux auteurs canadiens d’origine latino-américaine (qu’on pense, par exemple, à Alberto Manguel, auteur d’origine argentine qui écrit maintenant en anglais, ou Sergio Kokis, écrivain brésilien qui écrit maintenant en français)?

B. Agents:

1. Auteurs, traducteurs et autres « agents culturels » influents tels que les éditeurs, les directeurs de publication et les distributeurs. Comment s’effectue le choix des textes retenus et suivant quels critères? Qui décide des projets de traduction?

2. Les agents littéraires et leur apport. Quel rôle intermédiaire jouent-ils?

3. Les maisons d’édition sises en Espagne et au Portugal. La présence importante des maisons d’édition madrilènes et barcelonaises en Amérique latine; le déclin des maisons d’édition portugaises au profit des brésiliennes. Quels types de rapport de force mercantile existe-t-il entre les maisons d’édition latino-américaines et les péninsulaires (par exemple, qu’en est-il de la réception au Mexique des textes canadiens traduits et publiés en Espagne)?

4. Les ouvrages des chercheurs en études canadiennes et le travail du personnel des ambassades (dont les attachés culturels). Jouent-ils un rôle quelconque dans la circulation des textes canadiens en Amérique latine? Plus largement, la « diplomatie culturelle » joue-t-elle un rôle dans la dynamique des échanges internationaux?

5. Les recensions critiques. Comment les critiques et autres « lecteurs professionnels » accueillent-ils les textes canadiens au Brésil, au Mexique, en Argentine? Portent-il intérêt à l’origine canadienne des œuvres recensées, ou celle-ci fait-elle plus souvent l’objet d’une simple mention? Quel espace accorde-t-on aux traductions des auteurs de renom comme Atwood, Munro ou Ondaatje, dans les sections, cahiers ou suppléments littéraires des journaux nationaux de grand tirage comme O Globo, El Mercurio, O Estado de São Paulo, El Excelsior, El Tiempo, La Nación, A Folha de São Paulo?

C. Événements:

1. Les foires internationales du livre de Guadalajara, de Buenos Aires, de São Paulo et de Bogotá peuvent-elles être considérées comme des événements ou lieux propices à la signature de contrats de traduction et à la diffusion de la littérature canadienne en Amérique latine?

2. Quel est l’ampleur des initiatives lancées par les ambassades canadiennes et des Délégations du Québec à Mexico, à São Paulo et à Santiago du Chili?

3. Les conférences internationales en études canadiennes sont-elles des occasions privilégiées pour la création de projets de recherche collaboratifs et interrégionaux?

4. Quelle est l’importance des pratiques qui font la promotion de politiques institutionnelles telles que le financement (d’origine canadienne ou latino-américaine) des traductions, l’appui financier aux auteurs pour les dépenses de voyage et de logement, l’aide à la publication?

Nous comptons rendre accessible en ligne d’ici la fin de janvier 2012 notre base de données, conçue pour une utilisation commune. Dotée d’une foule de renseignements utiles sur quelque 1000 traductions (vers l’espagnol et le portugais), elle permet la production de rapports quantitatifs sur des sujets variés liés à la langue, aux genres littéraires, à la provenance des titres, aux subventions, au genre des auteurs et traducteurs, etc.). Des demandes pour de tels rapports peuvent nous être aussi soumises (voir ci-dessous, par exemple, des données quantitatives sur la réception d’Atwood dans la presse latino-américaine).

Nous sollicitons ici des résumés (environ 300 mots) de travaux en anglais, en français, en espagnol ou en portugais sur un ou des sujets présentés ci-dessus ou sur toute autre question d’intérêt.

Les travaux seront présentés et discutés dans un environnement collaboratif lors de l’atelier qui se tiendra à l’UNAM de Mexico en octobre prochain. Puis une série d’articles découlant de ces présentations fera l’objet d’un collectif arbitré intitulé Translating Canada into Latin America à paraître en 2014.

Nous prévoyons pouvoir offrir un certain soutien financier aux conférenciers, moyennant une demande, pour des dépenses liées au transport aérien ou à l’hébergement.

Prière d’envoyer les résumés à :

Luise von Flotow: flotow@uottawa.ca

et

Marc Charron: marc.charron@uottawa.ca

La date limite pour l’envoi des résumés est le 1 août 2012.