SSHRC projects

Cross-linguistic variation in noun incorporation and denominalization

2011-2016  Research grant. SSHRC (Social Sciences and Humanities Research Council of Canada).

Principal investigator: Eric Mathieu. Co-investigators: Gabriela Alboiu, Michael Barrie, Pauline Decontie, Carrie Dyck, Alana Johns, Joanne Keeshig, Darren O’Toole, Martina Wiltschko. $168,781.

The main objective of this project is to develop a deeper understanding of the cross-linguistic variation exhibited by noun incorporation and denominal verb constructions. A pervasive and generally accepted property of both noun incorporation and denominal verbs is that the incorporated noun is smaller than the full noun phrase in terms of its morphological structure. Beyond this, there is much disagreement in the literature as to what exactly constitutes noun incorporation and denominal verb formation, and whether these two phenomena are simply two sides of the same coin or two distinct phenomena. Our proposed research program intends to shed light on these disagreements by surveying and recording the natural variation that exists in noun incorporation and denominal verb constructions cross-linguistically. Three specific research questions will guide this project:

1) To what extent does the size of the incorporated nominal vary cross-linguistically? Can it be larger than the noun root? What other morphology can accompany the incorporated noun?

2) What type of category can undergo incorporation cross-linguistically? Typically the incorporation of nouns is discussed. Can other categories such as adjectives or adverbs be incorporated?

3) To what extent does the nature of the incorporator vary cross-linguistically? Do only lexical verbs act as incorporators?

First, while traditionally it is understood that only bare roots incorporate, we have initial evidence that incorporated nominals can often be larger than simple roots. Second, while only the incorporation of direct objects (themes) is usually discussed in the noun incorporation literature, it is known that obliques, adjuncts and (in rare cases) subjects can also incorporate; however, the evidence is scattered in the literature. We have no systematic/complete paradigms nor do we have a proper comparison between languages with noun incorporation. Therefore, the aim of this project is to undertake fieldwork together with our students in order to obtain all relevant data in our languages of expertise, in addition to cataloguing the existing literature on noun incorporation in other languages. The languages under investigation belong to the Algonquian, Iroquoian, Salish, Inuit and Paleosiberian language families. Third, we investigate further the idea that incorporators are not only lexical verb stems, but can also be bound morphemes. On the assumption that it is a process akin to noun incorporation, we want to investigate to what extent this type of NI is widespread cross-linguistically.

This project involves handling a tremendous amount of data, necessitating careful and efficient organization in order for the project to be successful. Once students are fully trained on transcription, we will begin to transcribe recorded data from field sessions with an appropriate application. In the beginning, the team of co-applicants will work closely with the students to ensure that data collected during field trips is transcribed efficiently. With the large amount of data involved in this project, it is important to ensure that the students who are working on this project eventually gain the skills necessary to work autonomously first on transcription and then eventually on field work. We plan to implement best practices in language documentation to ensure the continued survival of the data well into the future. In building our database, we plan to link digital sound files (with the speakers’ permission) with the transcription and make this information publicly available to the academic and aboriginal communities. In addition to direct elicitation, we will also engage in the collection of stories, conversations and other personal narratives.

 

Les indéfinis prédicatifs et l’interface syntaxe-sémantique

2005-2008 Research grant. SSHRC (Social Sciences and Humanities Research Council of Canada). #410-2005-1781 Predicative Indefinites and the Syntax-Semantics Interface.

Principal Investigator : Eric Mathieu $108,000. Co-investigator: France Martineau.

Alors que l’ancien et le moyen français permettaient l’utilisation assez fréquente des arguments nus comme vin dans boire vin ou pain dans mangier pain (noms sans article), le français contemporain est plus conservateur n’autorisant pas ces suites de mots sans la présence d’un article. En effet, l’usage que le français peut faire des noms nus est assez restreint (médecin dans Je suis médecin), et selon certains ce type d’indéfinis prédicatifs a complètement disparu. Ce projet se propose de vérifier l’hypothèse selon laquelle les arguments nus font, en fait, encore bel et bien partie intégrante de la grammaire française contemporaine. Il sera démontré que dans certains cas leur utilisation reste même très productive (cas des locutions verbales comme faire face où le nom face est un nom nu). En particulier, nous avancerons la sous-hypothèse suivante : les mots interrogatifs (qui, quoi) et négatifs (rien, personne) en français contemporain sont des arguments nus/indéfinis prédicatifs. L’hypothèse générale tentera également de s’appliquer aux cas des constituants en de comme dans je n’ai pas mangé de pommes, contexte qui viendra s’ajouter à celui déjà décrit dans des travaux antérieurs : combien as-tu lu de livres ? Le contenu syntaxique et sémantique de de est vague, mais il s’apparente à un déterminant indéfini explétif ou déficient, hypothèse qui reste à vérifier.

Le cadre théorique se base sur les analyses récentes de l’incorporation sémantique qui proposent que les indéfinis prédicatifs sont incorporés au prédicat principal de la phrase. Le programme de travail comprend deux volets : un premier volet concernera l’étude diachronique des arguments nus. Le projet se propose de découvrir les mécanismes qui régissent la disponibilité versus non-disponibilité des noms nus dans une langue L à un moment t donné. Le deuxième volet portera sur l’étude synchronique des indéfinis prédicatifs. La mise en parallèle des différentes catégories de données permettra d’émettre un certain nombre d’hypothèses sur le fonctionnement de l’incorporation sémantique. La question qui se pose est de savoir si les indéfinis interrogatifs dans d’autres langues ont les mêmes propriétés syntaxiques et sémantiques que celles décrites pour le français, et si oui, quel est le cadre théorique le mieux adapté pour rendre compte des faits. D’autre part, nous serons amenés à analyser les déterminants dans plusieurs langues (en fonction des étudiants prenant part au projet et de leurs connaissances et intérêts linguistiques) et à répertorier leurs propriétés formelles et interprétatives.

Les indéfinis prédicatifs peuvent nous éclairer sur des questions essentielles se rapportant à l’interface entre le langage et le système conceptuel/intentionnel d’un côté, et du système articulatoire-perceptuel de l’autre. D’autre part, cette recherche me permettra d’aborder certains problèmes qui, sont d’actualité en linguistique formelle et modélisation : le rôle des déterminants dans le syntagme nominal, le partage des tâches entre la syntaxe et la sémantique, l’articulation thème/rhème dans le langage, et la place de l’énonciation dans la sémantique. Ce programme a pour objet de soutenir la recherche qui intéresse et aidera les théoriciens en linguistique, les spécialistes du français et d’autres langues, les typologues, les comparatistes et diachroniciens, et les spécialistes de l’acquisition de la langue maternelle et des langues secondes, domaines qui ont contribué de manière significative au sujet. Le projet s’inscrit dans un programme de recherche plus large, et a par conséquent des retombées importantes pour la recherche expérimentale. Les résultats obtenus faciliteront par la suite : (i) le développement de nouvelles batteries de tests pour l’étude de l’acquisition des indéfinis chez l’enfant dont le développement est normal, mais aussi chez l’enfant ayant des problèmes de langage (les syndromes Down et Williams, autisme, SLI, troubles de l’articulation, etc.), chez l’adulte aphasique et chez l’apprenant de langue seconde. Un tel projet pourra être poursuivi ultérieurement par un autre membre du département ou bien sous la direction du chercheur principal du présent projet.

 

Reversing the Ojibwe language shift: preservation and revitalization in the Cape Croker community

2009-2010  Research grant. SSHRC (Social Sciences and Humanities Research Council of Canada). Development fund for a CURA.. Principal Investigator: Eric Mathieu. Co-investigator: Joanne Helena Keeshig. $19,600.

 

Syntactic Interface Relations: Evidence from three Algonquian languages

2010-2013  Research grant. SSHRC (Social Sciences and Humanities Research Council of Canada).Principal investigator: Martina Wiltschko (UBC). Other co-applicants: Rose-Marie Déchaine (UBC) & Éric Mathieu (OttawaU). Collaborators: Charlotte Reinholtz, Elizabeth Ritter, Chris Wolfart. $137,600.