Disclaimer / Avis de non-responsabilité

Olivette Otele
Paris, juillet 2008

La Grande-Bretagne a célébré le bicentenaire de l’abolition de la traite
en 2007.

Cette commémoration fut le moment que choisit le gouvernement
britannique pour amorcer un processus de rassemblement des sujets de Sa
Majesté sur la question de l’identité britannique (britishness) et sur
le multiculturalisme, tout en essayant de revaloriser une histoire
coloniale glorifiée par les nostalgiques de l’Empire ou contestée par
les communautés minoritaires, mais rarement porteuse de principes
unificateurs. Cet anniversaire intervient plus de quatre siècles après
que les premiers bateaux anglais aient sillonné les côtes africaines en
quête de marchandises diverses, comme des épices ou des esclaves. De
quelle manière cette nation, tournée vers ses cousins continentaux,
parvient-elle à se sortir du marasme économique dans lequel elle est
plongée au XVIIe siècle : guerres de succession européennes et conflits
religieux, pour devenir la première puissance maritime, économique et
négrière, en particulier au XVIIIe siècle ?

L’histoire coloniale de l’Angleterre commence avec l’annexion des
territoires qui lui étaient géographiquement proches. Incorporés à la
couronne anglaise, le pays de Galles et l’Irlande se voient obligés de
participer à la conquête anglaise, au-delà de la Méditerranée et
outre-Atlantique. Officiellement uni à l’Écosse par l’acte d’Union en
1707, le Royaume-Uni domine les mers au cours de la même période. En ce
qui concerne le commerce négrier, le royaume s’est inspiré des méthodes
utilisées par les Portugais et les Hollandais afin de supplanter la
France, sa principale concurrente dans le domaine de la traite.

Cette étude est une invitation à porter un regard nuancé sur l’histoire
de ce commerce, en allant au-delà des considérations économiques et en
naviguant dans les eaux troubles de l’abolition de 1807, afin de
comprendre de quelle manière l’écriture de l’histoire du commerce
triangulaire britannique a bien souvent évité de s’attarder sur la
question éthique que pose le commerce d’êtres humains.

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