Cours offerts (2017-2018)

Automne 2017

Cours de premier cycle

PHI 1711: Philosophie – Idées et arguments

Description de l’annuaire

Introduction à la philosophie et ses méthodes à travers l’étude d’arguments abordant de grandes questions philosophiques. Cours à haute intensité d’écriture. Ce cours est fortement recommandé pour les étudiants inscrits dans un programme de philosophie ou d’éthique et pour ceux qui envisagent suivre d’autres cours dans ces disciplines.

Horaire

- Lundi, 11h30 à 13h00, local à déterminer
- Jeudi, 13h30 à 14h30, local à déterminer

Résumé

Penser par soi-même

Ce cours vise deux objectifs fondamentaux : d’une part, fournir aux étudiants des instruments théoriques nécessaires au développement de la pensée rationnelle ; d’autre part, mettre les étudiants en contact avec les grandes questions de la philosophie (avec un accent sur les problèmes de théorie de la connaissance et de logique informelle), afin de leur permettre de développer un regard critique.  À terme, il s’agit ici de mettre les étudiants sur la voie dans déploiement de cette compétence fondamentale qu’est celle de penser par soi-même.

Le premier volet s’accomplira par une étude des éléments et des formes du raisonnement.  Nous tâcherons ainsi de définir les notions élémentaires d’« idées », de « concept », de « jugement », de « raison », etc. ; nous étudierons quelques formes canoniques du raisonnement, la terminologie qui sert à le décrire (induction, déduction, inférence…) et sa problématisation (structure, présupposés, évaluation…) ; de plus, nous identifierons les erreurs typiques de raisonnement qu’on rencontre dans la vie courante (sophismes, paralogismes, biais cognitifs), et nous nous exercerons à les reconnaître.

Le second volet se réalisera par tour d’horizon de différentes positions philosophiques sur diverses questions.  L’enjeu est dans un premier temps de permettre aux étudiants de rencontrer quelques postures philosophiques et de saisir ce qui les fonde et ce qu’elles impliquent : dans ce contexte, nous verrons ce qui différencie, au niveau le plus général, l’empirisme du rationalisme, le réalisme de l’idéalisme ou encore le dogmatisme du scepticisme.  Dans un second temps, nous clarifierons ce qui fait la spécificité des différents types de discours auxquels nous sommes quotidiennement confrontés, discours philosophique, scientifique, littéraire, religieux, etc., par une interrogation sur la méthode qu’ils mettent en œuvre et sur la portée à laquelle ils peuvent prétendre. De là, on pourra alors voir comment la philosophie féconde constamment de nouvelles postures critiques englobantes.

PHI 2783 : Philosophie moderne

Description de l’annuaire

Introduction aux grands auteurs, de Descartes à Kant, ainsi qu’aux grands systèmes philosophiques (rationalisme, empirisme) des 17e et 18e siècles et,  en particulier, aux développements de l’épistémologie et de la métaphysique.

Horaire

- Lundi, 14h30 à 16h00, local à déterminer
- Jeudi, 16h00 à 17h30, salle SMD 429

Résumé

D’une « révolution copernicienne » à l’autre

Ce que l’on appelle communément la « philosophie moderne » est ambigu : une telle dénomination suppose une unité plus que purement historique, mais renvoie à une multiplicité d’événements philosophiques, à des discours philosophiques qui s’opposent. Il devient donc difficile de déterminer ce qui fait cette unité.

Nous prenons donc le parti non pas de montrer cette unité, mais de réfléchir les jeux de prolongements et de ruptures qui la forment. Plutôt, donc, que de chercher à réduire la complexité des enjeux philosophiques qui sont propres à la période moderne de l’histoire de la philosophie, nous allons nous efforcer d’en illustrer les tensions. C’est par la considération de ces tensions que, à notre sens, le fait d’interroger la philosophie moderne peut s’avérer un exercice fécond à la fois pour la philosophie et pour l’histoire des idées.

Nous traverserons trois grandes périodes : 1) coup d’œil rapide sur la Renaissance, où, en un sens, prend source ce que nous avons coutume d’appeler la « philosophie moderne », avec cette révolution copernicienne qui déplace la terre du centre du monde qu’elle occupe depuis l’Antiquité ; 2) le 17e siècle, souvent vu comme le moment de gloire de la philosophie moderne, à cause de l’importance historique des auteurs qui y écrivent : Descartes, Spinoza, Leibniz, Malebranche, Locke, etc. ; 3) le siècle des Lumières (avec des auteurs tels que Berkeley, Hume, Diderot), généralement considéré comme son point d’aboutissement, qui se termine par une seconde « révolution copernicienne » appelée ainsi par Kant qui reconfigure la relation entre le sujet et l’objet de la connaissance.

Trois siècles qui ont façonné le monde tel que nous le connaissons. Étudier la philosophie moderne, c’est étudier les racines de ce que nous sommes, comprendre les tensions qui nous habitent en assistant à leur genèse et éventuellement pouvoir récupérer des occasions manquées.

Hiver 2018

Cours de premier cycle

PHI 2794: Pensée scientifique et valeurs sociales

Description de l’annuaire

L’univers du savoir et les problèmes qu’il soulève; nature des connaissances, classification des savoirs, rapports entre les différents modes de connaissance. Science et société, science et culture, science et avenir du monde.

Horaire

- Lundi, 14h30 à 16h00, local à déterminer
- Jeudi, 16h00 à 17h30, local à déterminer

Résumé

Utopies et dystopies: la fonction sociale de la science en questions

Les grands bouleversements qui caractérisent l’histoire moderne de l’Occident tiennent pour une large part à l’avènement d’une nouvelle manière de penser le rapport de connaissance constitutif de l’expérience que l’être humain fait du monde. Symptôme de cette transformation, le savoir scientifique se voit investi d’une mission de porter le progrès général du genre humain, comme on le voit dans les divers projets utopiques qui surgissent au cours de cette modernité. Parallèlement, pourtant, ce projet est soumis à des critiques d’horizons divers, qui présentent la science comme le corollaire d’un effort de domination sur la nature s’étendant à l’être humain lui-même, comme le montrent de nombreuses œuvres d’anticipation ou de science-fiction qui présentent l’image d’un futur où la science se présente comme un instrument d’aliénation totale.

En interrogeant cette polarité, ce cours vise à introduire aux questions touchant le rapport que la science entretient avec la culture au sein de laquelle elle se fait. Cela donnera par le fait même l’occasion de s’arrêter sur d’autres problèmes que rencontre la science dans l’établissement de la vérité : problèmes de méthode, de validité du raisonnement scientifique, d’éthique de la recherche ou d’implications sociopolitiques des découvertes et de la production d’objets techniques.

À terme, l’enjeu de ce cours est d’observer la science à partir d’un point de vue extérieur, et ainsi d’ouvrir une distance critique à son égard.

Seminaire de premier cycle/cycles supérieurs (M.A./Ph.D.)

PHI 4796: Problèmes philosophiques/PHI 5735 : Philosophie française I
Montesquieu. Anthropologie, histoire, politique

Horaire

- Mardi, 14h30 à 17h30, local à déterminer

Description

Montesquieu, on le sait, inaugure une approche du politique qui, tout en faisant fond sur une tradition bien établie depuis les théoriciens du droit naturel (Grotius, Pufendorf), voire depuis les théoriciens humanistes de la république (Machiavel, Bodin), revendique une assise méthodologique nouvelle : l’orientation de la philosophie politique sera désormais celle d’une science expérimentale, dont les objets sont les diverses constitutions ayant eu cours dans l’histoire.  Ce dont il s’agit, dès lors, c’est non de poser la normativité comme point de départ de la philosophie politique, mais de la dériver au contraire d’une enquête sur les faits. En ce sens, Montesquieu participe bien du mouvement des Lumières, dont l’une des caractéristiques est de chercher à penser sous les auspices d’une généalogie, généalogie ancrée dans un mouvement de naturalisation intégrale de l’expérience humaine. Faire du politique l’objet d’une science, c’est dire que tout ce qui s’y joue est réglé par des lois naturelles saisissables par la raison.

L’analyse des constitutions que produit Montesquieu se présente en fait au départ comme une méthode historique. Il s’agit, pour lui, de prendre les constitutions que les États se sont donnés pour en saisir l’esprit. En elles se définissent les formes de gouvernement, c’est-à-dire les instruments par lesquels les êtres humains exercent leur liberté : par les lois, les êtres humains règlent leurs propres actions. Mais les constitutions sont aussi les lieux où s’exprime l’absolue singularité des situations historiques dans lesquelles cette liberté s’exerce, puisqu’on y trouve des réponses aux situations concrètes dans lesquelles les êtres humains évoluent. L’analyse de ces singularités est le point de départ  de toute remontée vers l’universel : si l’histoire peut devenir réflexive, c’est en effet seulement à la faveur d’une prise de conscience de ceci que le politique n’est pas le domaine du contingent, mais que s’y manifeste quelque chose comme une nature humaine.

C’est pourquoi de l’histoire, on passe au domaine de l’anthropologie – de l’anthropologie philosophique. C’est pourquoi, de l’avis de plusieurs commentateurs, Montesquieu fonde de manière inédite la démarche qui sera celle des sciences humaines. L’analyse historique est en effet réputée permettre de remonter aux principes de la nature humaine : sa catégorie centrale sera celle de mœurs. Observer les mœurs d’une nation, c’est se donner la chance de saisir comment cette nation, pour répondre à une situation historique singulière, se donne les lois dont elle a besoin, et comment, en retour, ces lois agissent en retour sur elle (comment, par exemple, aux trois formes fondamentales de gouvernement – république, monarchie, despotisme – correspondent des passions principielles – vertu, honneur, crainte). On a alors cette configuration singulière : l’analyse historique des mœurs permet de saisir comment l’être humain se fait le sujet de sa propre histoire.